sticker-dessin-cerveau-3218Quant à la 3ième case, elle est des plus évidentes : si j’ai bien une place en septembre pour ma formation, celle-ci ne dure que 6 jours… et après ? J’en ai bien une autre en tête, voire deux autres mais comment me les financer ? Pôle–emploi ? A moins d’un coup de chance, d’un budget qu’il n’aurait pas utilisé en fin d’année, qu’il faudrait à tout prix utiliser pour les bonnes statistiques ou alors d’une grande force de conviction de mon conseiller emploi auprès de ses responsables, je n’y crois pas trop… tiens, d’ailleurs, le contact avec mon conseiller emploi personnel est plutôt bien passé : en un après-midi, il m’a contactée quatre fois, à chaque fois pour compléter ses conseils et s’assurer que j’avais tous les éléments en ma possession. Est-il toujours aussi consciencieux avec tous ses accompagnants ou aurais-je bénéficié d’une attention particulière, auquel cas, je pourrais essayer d’en jouer un peu ? Bon, ne rêvons pas trop. Si ce n’est pas le Pôle-Emploi, peut-être le conseil régional ? Par un malentendu, cela pourrait arriver, non ? Je pourrais me les financer mais je préfère exploiter toutes les autres pistes avant. En même temps, je culpabilise de prendre du budget familial… j’ai déjà fait perdre assez d’argent à notre famille avec la création de ma petite boutique.

D’ailleurs, l’argent est ma principale angoisse : avec mon dernier emploi, je gagnais bien ma vie. J’étais fière de la manière dont j’avais négocié mon salaire par rapport à mon salaire précédent.  Même si cela n’avait duré que 4 mois, c’était confortable d’imaginer gagner ce salaire tout le reste de ma vie professionnelle et avoir des projets d’achats, de vacances, de voyage… Avec l’allocation chômage, tout cela disparaissait en fumée… et j’ai une crainte, celle de ne pas réussir à retrouver non seulement ce niveau de salaire mais même celui que j’avais juste avant et ainsi, faire perdre à ma famille notre train de vie, qui attention, n’était pas un train de vie de luxe, loin de là, mais un train de vie confortable. Jusqu’à présent, ma rémunération n’a fait que progresser et même si je n’étais pas augmentée tous les ans, loin de là d’ailleurs, de par mon évolution dans les fonctions  et mes changements d’entreprise, en 20 ans,  je suis arrivée à passer du simple au double… et avec le chômage, je retombe au niveau de mes débuts…sauf qu’entre temps, je me suis mariée et j’ai 3 enfants à charge !

Cette démonstration me donne le tournis, pour ne pas dire qu’elle m’angoisse et elle me met la pression pour la suite.  J’en arrive à me dire : «  qu’est-ce qui  t’est passé par la tête, le jour où tu es allée voir ton patron pour lui dire que tu ne pouvais plus continuer ? Certes, cela faisait dix ans que tu faisais le même métier, que tu n’avais plus la même lueur dans tes yeux quand tu partais travailler ; il y a même des jours où tu allais même travailler à reculons mais tu avais un travail, des collègues et personne ne t’embêtait… cela pouvait durer encore longtemps comme cela…alors pourquoi ? Et ensuite, pourquoi n’as-tu pas été juste ce que ton patron attendait de toi, quelqu’un qui aille toujours dans son sens ? Qu’est-ce qui t’a pris quand tu lui disais ses quatre vérités, quand tu voulais changer les habitudes ? Tu aurais pu faire comme si pendant quatre mois, le temps d’assurer le coup».  A cela, j’avoue qu’il ne m’est pas toujours facile de répondre, si ce n’est qu’au fond de moi, je sais que j’ai bien fait, que si j’avais justement continué, pour l’un, la routine m’aurait tuée à petit feu et pour l’autre, je me serais perdue ce qui serait revenu au même.  Aussi, j’ai hâte de prouver aux uns et autres que c’était le bon choix et de retrouver ce pétillant dans le regard !