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Bon, maintenant, la 2ième case : mon couple. Je sens bien que cette nouvelle situation nous a déstabilisés mais jusqu’à présent, nous n’en avons pas parlé. Non pas que nous n’y pensons pas car si moi, j’y pense, je peux supposer qu’il en soit de même pour mon mari mais chacun réfléchit, préfère voir les choses venir. Et puis, ne pas en parler, c’est aussi nous préserver le temps des vacances, un peu comme si je n’étais pas au chômage mais juste en vacances, certes un peu prolongées pour l’instant. Dans une semaine, mon mari reprendra le travail, dans un mois les enfants le chemin de l’école, alors nous ne pourrons plus ignorer ou faire semblant que tout est normal. Il faudra bien que nous nous parlions, que chacun dise comment il se sent, ce qu’il ressent : peut-être, cela sera-t-il plus un soir où nous n’aurons pas les enfants ?  Mes parents et ma belle-sœur ont prévu de les garder chacun quelques jours.

Ce que je voudrais partager, c’est que je me sens comme coupée d’une partie de moi, celle de la femme active et sans cette partie, je réalise que je ne peux être moi et que même quand je retravaillerai, je ne serai plus la moi d’avant. Le chômage casse quelque chose, génère des angoisses mais aussi des envies et je suis convaincue que la nature est bien faite et qu’elle recrée quelque chose d’autre à la place. Quelque chose de meilleur ? Ca, je l’espère mais je ne le sais pas. Et forcément tout cela, cela va jouer sur nous. Même s’il ne voudra pas le montrer, mon mari risque d’être plus sous pression à la rentrée : sans même faire le lien avec ma situation, cette période est toujours chargée à son boulot, alors, je ne peux m’empêcher de penser que, moi étant au chômage, il ne se mette encore plus de pression … aussi, je ne suis pas sûre que partager avec lui toutes mes questions, mes angoisses soit une bonne chose. Jusqu’à présent, il a fait celui qui ne s’impliquait pas trop dans mes démarches, juste de temps en temps une ou deux questions pour savoir où j’en étais et à chaque fois ce discours assuré et rassurant auprès des autres : «  son ancien employeur était un con, c’est un mal pour un bien qu’elle ne travaille pas plus longtemps avec lui », «ma femme a toujours bien géré sa carrière, il n’y a pas de raison, elle va rebondir » … Je sais qu’il me fait confiance, qu’il croit en moi et en mes capacités mais combien de temps, ce discours, comme le vernis sur un ongle, va t-il tenir ? Avec le temps, le vernis s’écaille et le moindre éclat se voit et d’ailleurs, quand c’est le cas, c’est comme le nez au milieu de la figure, on ne voit que cela…alors, je me mets à penser qu’il faut vite que je rebondisse pour ne pas que des fissures entachent notre couple.