jardinage

Début d’une nouvelle semaine et la 1ère sans travail ! Je me demande combien de semaines va t-il se passer avant que je ne recommence une nouvelle activité ? Quand est-ce que toutes mes cogitations trouveront une réponse ? Et c’est en me posant ces questions qu’une idée m’explose en tête : et si je couchais à plat tout ce cheminement, moi qui ai toujours rêvé d’écrire un livre ? J’y mettrai tout mon parcours, mes questions, mes doutes, mes étapes, mes réussites et mes échecs jusqu’ à la concrétisation, un peu comme un journal de bord. En couchant sur papier mes émotions, en y mettant des mots, peut-être serais-je moins tourmentée toute la journée…et je pourrais ainsi me consacrer au présent et être dans l’instant… un peu comme si, une fois écrite, mes pensées étaient figées dans le livre que je fermerais et que je ne retrouverais que le lendemain. Peut-être cela m’aiderait-il à passer cette période en étant plus apaisée  Depuis plusieurs années, j’éprouve le besoin d’écrire ; plusieurs fois, j’ai commencé à écrire en pensant que je pourrais inventer une histoire mais je n’ai jamais été plus loin que quelques pages… à d’autres, j’ai essayé de retracer des moments de ma vie mais les souvenirs n’étaient plus précis et je n’arrivais pas à décider quelle pourrait en être la fin. Et puis quel intérêt pour les autres de lire mon histoire ? A posteriori, j’ai regretté de ne pas avoir écrit sur la belle aventure qu’a été la création de ma petite boutique car là, il y avait un sujet, des incertitudes, un aboutissement, des anecdotes…cela aurait pu faire un chouette livre ! Mais j’en ferais peut-être un chapitre dans ce livre…Ce qui est sûr, c’est qu’à chaque fois, par manque de temps, je n’arrive pas à me poser car je suis convaincue que pour écrire, il est important de pouvoir se déconnecter du quotidien afin de se mettre dans une bulle pour laisser libre cours à l’imagination. Mais aujourd’hui, du temps j’en ai et facile de rentrer dans ma bulle puisque je passe la plupart de mes journées seules.  Alors, pourquoi ne commencerais-je pas à écrire au jour le jour et je verrai bien où cela me mène ?

Bon, avant de penser à écrire un roman, j’avais en tête ce matin de faire du jardinage…enfin, ce que j’entends par jardinage, c’est plutôt du nettoyage du jardin : enlever toutes les mauvaises herbes et ne laisser que les vraies et belles plantes, défricher notre bac où il y a la menthe, le basilic et même de la rhubarbe, mettre en terre les quelques plantes aromatiques achetées à l’école et enfin balayer la terrasse ….et le tout en musique ! Et une fois n’est pas coutume, je choisis d’écouter de la musique classique : je la trouve plus appropriée à la détente. Quelle douceur ce soleil du matin, avec un fond musical dans mes écouteurs, histoire d’être dans une bulle, dans ma bulle et là, plus aucune question, je me concentre sur les herbes hautes que je coupe, sur les mauvaise herbes que j’arrache mais aussi sur les herbes aromatiques que je respire, sur tous les petits insectes et petites bêtes que je découvre au fur et à mesure…je tombe même sur de toutes petites fraises dont je n’avais même pas connaissance ! Il y en a 3 mûres, alors je les goûte et comme elles sont du jardin, elles ont une toute autre saveur ! Je trouve toujours très émouvant d’observer toute cette vie que je ne soupçonnais pas et ainsi de relativiser notre présence sur terre ! Il m’arrive souvent de penser que la vie a quelque chose de très futile et de vain : toujours courir pour gagner du temps, plus d’argent ; être rarement disposé à profiter de ce temps et de cet argent gagné ; espérer laisser quelque chose à nos enfants, quelques traces de notre passage sur terre mais ne jamais être satisfait du chemin parcouru ; le tout pour finir dans une boîte sous terre, que toutes ces petites bêtes que je suis en train d’observer vont réduire en poussière. Quand j’analyse les choses de cette façon, la finalité de la vie me semble absurde…je me dis que finalement, à quoi cela sert de courir pour espérer être plus tard une femme plus riche, mère plus disponible, épouse plus sereine mais plus tard n’arrive jamais car ce n’est jamais assez et comme un cercle vicieux, nous courons encore plus vite ! Pourquoi ne pas se contenter d’être tout simplement, de chaque jour se sentir vivant, de rire, de sentir mais aussi de pleurer, de se mettre en colère ? Etre, c’est accepté de donner vie à ses émotions sur l’instant, de mettre des mots à nos pensées. Il n’y a rien de pire que de tout garder pour soi…je ne sais pas ce qui fait quand grandissant, l’enfant, que nous avons tous été, enferme dans des cases sa joie, sa tristesse, sa colère…Cela me rappelle une histoire : celle d’une maîtresse qui interroge ses élèves sur les plus belles merveilles du monde. Les élèves se prêtent au jeu et nomment la Cité des sorciers au Mexique, le Colisée de Rome, la statue du Christ Rédempteur à Rio, le Taj Mahal…La maîtresse interroge alors  une petite fille qui était restée silencieuse. Cette dernière énonce sa liste : voir, sentir, entendre, goûter, toucher ! Cela nous est tellement évident et semble acquis que nous oublions facilement le bonheur que toutes ses sensations nous apportent. C’est pourquoi j’aime ces moments en pleine nature : tous nos sens sont en éveil ! Alors, je me dis que cette pause est aussi une occasion pour moi d’arrêter de courir, de vivre mes émotions, de témoigner mon affection (plutôt que de croire que les autres savent que je les aime)  et d’être plus à l’écoute de mes sens. Je ne dis pas que cela sera facile, mais l'été et les vacances peuvent m'y aider!

Quand mon mari lira ces lignes, il me dira : «  c’est  bien, tu connais la théorie, maintenant, passe à la pratique ! » car c’est vrai que j’ai beaucoup de mal à être dans le moment présent. J’y arrive de plus en plus et m’oblige régulièrement à ne pas me laisser polluer par mon passé et mes questions sur le futur… c’est mieux mais largement perfectible ! Mais mon plus gros progrès, c’est que maintenant, j’en ai conscience et pour espérer un changement, c’est déjà beaucoup ! Quoiqu’il en soit, après 2h et une poubelle bien remplie, ma tête s’est complètement vidée… Malheureusement,  il est temps pour moi d’atterrir et de me reconnecter à la réalité, à ma réalité…enfin plutôt à Internet ! Aujourd’hui, je me crée un compte sur le site de l’APEC et  demande à avoir un RDV téléphonique pour me conseiller sur les formations.  Ce RDV aura lieu dans deux jours, mercredi. D’ici là, je vais continuer à me renseigner sur les formations.

Comme décidé le matin-même, je vais récupérer l’ordinateur portable dans la chambre de ma grande fille.  C’est l’occasion de constater qu’une opération «  grand ménage » est urgente à l’étage des filles : il y a du linge qui traîne partout et il est même difficile de distinguer le linge propre du linge sale… les livres s’empilent au sol et une belle petite couche de poussière s’est posée sur les meubles… Dans l’immédiat, je décide de nettoyer les draps et de planifier l’opération « grand ménage » pour demain après-midi comme mes filles n’ont pas cours.  Pour finir la journée, je m’installe sur la table de la terrasse avec l’ordinateur portable: le soleil est doux à cette heure et invite à se poser. J’ouvre un document Word que je nomme «  Livre2 »… et oui, parce qu’il y a déjà un «  livre1 » que je n’ai pas fini… je décide de commencer par le début, ce fameux jour où mon employeur a mis fin à ma période d’essai….mardi 6 Juin 2017.