aujourd'hui

Je crois que c’est le 1er matin où j’ai eu comme un vent de panique… ok, mon cv est fait et est en ligne sur tous les sites qui peuvent exister, ok j’ai décidé de faire une formation, ok je vais regarder toutes les alertes emploi chaque jour, ok je vais nettoyer de fond en combles la maison en attendant…. Mais cela va t-il suffire à ce que je retravaille un jour ? Cela va- t-il réussir à occuper toutes mes journées ?  Y a t-il vraiment un  poste qui m’attend quelque part ?? N’ai je pas fait une erreur de négocier mon départ dans mon avant-dernier emploi ? Ne suis-je pas bercée d’illusions : existe t-il réellement le poste dans lequel je serai épanouie ?  Pourquoi suis-je toujours insatisfaite ? Ai-je le droit d’imposer cela à ma famille ? Quelle image je donne à mes enfants : une maman qui reste à la maison et qui vit des allocations chômage… ?  Ne ferais-je mieux pas de postuler à toutes les annonces de Responsable de Ressources Humaines ? De quel droit est-ce que je  m’autorise  le luxe de sélectionner le poste, le lieu géographique et même le secteur car je ne veux pas travailler dans l’industrie ou la banque par exemple?

J’ai ressassé toutes ces questions et encore bien d’autres sans y apporter de vraies réponses si ce n’est que je n’avais pas choisi la situation, que je la subissais…mais même là, je me demandais si c’était bien le cas. En effet, j’aurais peut-être pu essayer de rentrer dans le moule que mon patron avait prévu pour mon poste…et bien, non, à 42 ans, il m’a semblé important de  jouer «  cartes sur table », de lui dire que j’avais besoin de plus de latitude et d’autonomie…un peu comme quand nous entamons une nouvelle relation de couple à 42 ans, nous savons ce que nous voulons mais aussi ce que nous ne voulons pas….alors, ça passe ou ça casse… et il est clair que d’un point de vue professionnel, cela a cassé ! Pour relativiser, je m’amuse à repenser à ce qu’une amie m’a dit quand elle a appris la nouvelle : «  Tu sais, c’est comme dans une relation, après avoir vécu une histoire de 10 ans, il est rare que le mec suivant soit vraiment le bon ! » Un peu comme si, pour ne pas rester seule, nous avions besoin de retrouver vite un compagnon, histoire de rentrer de nouveau dans la norme, de montrer que nous plaisons encore… Sur l’instant, je sais que je n’ai pas pris ce nouveau boulot pour ces raisons mais peut-être que j’ai effectivement perdu un peu de mon impartialité devant un futur employeur qui semblait heureux de m’avoir trouvée, ravi d’échanger et de collaborer avec moi et convaincu que mon regard extérieur pouvait lui apporter beaucoup !

Avant de retrouver une amie pour déjeuner et pour repartir sur une spirale positive, je me donne pour mission de faire une étude des différentes formations qui m’intéresseraient, de me créer un réseau professionnel en  contactant une vingtaine de consultants ayant fait une des deux formations que je vise. Je les sollicite pour savoir avec leur recul et au vu de mon parcours, quelle serait la formation la plus appropriée pour mon projet.  Très rapidement, j’ai eu de nombreux retours avec des coordonnées jointes si jamais j’avais besoin de plus amples renseignements : la solidarité existe, il faut  y croire et même dans le monde professionnel. Leurs réponses sont rassurantes et en phase avec ce que je pensais : mieux vaut une formation courte étant donné que je suis dans les RH depuis plus de 10 ans et les organismes choisis ont bonne réputation.  Maintenant, reste le financement…car la formation, cela coûte cher et je ne souhaite pas, pour l’instant, utiliser les économies de la famille. J’ai toujours un sentiment de culpabilité car avec la création de mon entreprise en 2015 et la cessation d’activité, 3 ans plus tard, j’ai fait perdre pas mal d’argent à notre famille… alors, si je peux trouver des aides aux financements avant d’y avoir recours, je préfèrerai ! J’ai beaucoup d’espoir dans la prise en charge par le Pôle Emploi, peut-être trop d’espoir d’ailleurs, mais je vais devoir m’armer de patience car je ne pense pas avoir de suite un RDV.

C’est avec toutes ces questions en tête que je suis arrivée au déjeuner prévu avec mon amie. Elle a déjà connu le chômage et m’avoue avoir eu du mal au début à accepter cette situation, à y trouver un sens. Mais aujourd’hui, elle m’explique ne jamais avoir été aussi bien, que cette période est un véritable cadeau : du temps pour se consacrer à soi, rien qu’à soi, pour définir un nouvel avenir professionnel, pour se former. Elle a ainsi eu la possibilité de rencontrer un tas de personnes intéressantes, d’avoir plus de temps pour sa famille, ses amis, faire du sport…Elle me rassure en me disant que je n’ai rien volé à personne, que je ne dois pas oublier que je subis la situation, que cela fait 20 ans que je travaille et qu’ à ce jour, j’ai eu 3 beaux enfants et par conséquent, pour toutes ces raisons, je peux m’autoriser à faire une pause, que je dois l’accepter comme un cadeau. Plus facile à dire qu’à faire mais à ce moment-même, une phrase d’un inconnu, que j’ai lue il y a peu, me revient comme un boomerang : «  Aujourd’hui est un cadeau, c’est pour cela qu’il se nomme présent ! » (Vous aurez constaté que je m’en suis bien inspiré pour trouver le nom de mon blog !)  Alors, je me fais comme une promesse : à chaque fois que je douterai, je respirerai, regarderai autour de moi et remercierai pour le cadeau.