loulou

1er jour sans travail : Nous sommes Mercredi,  journée des enfants, alors, pas question de passer mon temps sur ordinateur à scruter les formations, à me créer un profil sur les différents sites  et des alertes emplois…cela pouvait bien attendre un jour, je m’y attèlerai dès demain ! Alors, pas de grasse matinée qui vaille, lever 7h30 pour accompagner mon loulou à l’école. Il fait beau alors, ce sera à pieds que nous ferons les 500 mètres qui séparent  la maison de l’école… l’occasion de passer un petit temps privilégié avec mon petit garçon de bientôt 8 ans, qui grandit beaucoup trop vite ! Lui aussi apprécie de voir le soleil à travers sa fenêtre ; il a tellement attendu les beaux jours pour pouvoir mettre un tee-shirt, un short et sa casquette, souvenir de notre voyage aux Etats-Unis. Nous avons bien fait de faire ce voyage  il y a deux mois ; j’avais négocié un congé sans solde à mon nouvel employeur. Nous avons visité New York, Washington en passant par Philadelphie, le pays Amish, pour finir à Miami avec un détour jusque Key West !! Super voyage, très varié : deux semaines 24h/24 en famille… un beau budget aussi mais finalement encore heureux que nous l’avons fait car maintenant étant au chômage, nous aurions certainement repoussé ce projet à beaucoup plus tard. Là, nous en avons profité sans avoir de préoccupations en tête et ces quinze jours nous ont semblé durer beaucoup plus, tellement nous avons fait et vu de choses. Mais aujourd’hui, ce voyage paraît déjà loin et alors qu’il y a deux mois, je découvrais chaque jour un peu plus  la grandeur des Etats-Unis, maintenant,  chaque jour, il va me falloir puiser au plus profond de moi la force et les clés pour me réinventer une vie professionnelle.

 Enfin, à cette heure, 8h15, ce n’est pas le moment : mon loulou est prêt, il a même eu le temps de se faire une houppette. Il n’est pas ravi d’aller à pied à l’école, n’ayant pas l’habitude. Alors, il me trouve un tas d’excuses : «  j’ai mal aux pieds… je te préviens, si je suis en retard à cause de toi….je n’aurais pas le temps de jouer avec mes copains…. ». Mais rien ne me fera changer d’avis, à part peut-être une météo capricieuse… nous irons à pieds à l’école. Très sensible, il n’aime pas que je me fâche, alors il me suffit de froncer les yeux pour qu’il comprenne qu’il ne doit pas insister. Pour me signifier sa révolte, il décide de ne pas me donner la main et de marcher une dizaine de mètres derrière moi…ce n’est pas l’idée que je me faisais de ce petit temps à deux… mais que lui reprocher ? Ce n’est pas parce que pour moi, beaucoup de choses avaient changé du jour au lendemain que pour lui, il devrait voir toutes ses petites habitudes perturbées. De quel droit le privais-je de ce petit temps avec ses copains ? Pourtant, je suis convaincue qu’il peut apprécier comme moi ces petits instants du matin partagés. J’ai même pensé le désinscrire de l’étude, voire des fameux TAP, temps d’activités périscolaires, le matin mais je dois avouer que ma 1ère motivation était plutôt économique. Pourquoi paierions-nous pour faire garder notre fils puisque maintenant j’étais à la maison, du moins pour l’instant ?? Mais en consultant nos anciennes factures, je me trouvais soudainement bien ridicule de priver mon garçon de ces temps avec ses copains où il partageait bien plus que des activités manuelles ou les devoirs pour à peine un peu plus de 40 euros par mois… nous n’en étions quand même pas là… en tout cas pas encore…d’autant que mon ancien employeur n’ayant pas respecté de délai de prévenance en lien avec ma période d’essai me payait jusqu’à la fin du mois. Certes, cela décalait ma vraie inscription au chômage d’autant mais cela nous laissait le temps de voir venir et de changer nos habitudes si la situation devait durer. Dans le même ordre d’idée, j’ai même envisagé de me séparer, même temporairement, de notre femme de ménage… je n’ai pas osé en  parler à mon mari car il tient trop à Teresa. Il y a 7 ans, il s’est tellement battu pour que je capitule et accepte de prendre une femme de ménage : j’avais 3 enfants, je finissais mon congé parental et allais reprendre le travail…et de nature «  sois-forte ! », je voulais me persuader que j’arriverais à tout gérer… ». Aujourd’hui, je l’en remercie mais je suis prête à l’envisager si la situation perdure et que financièrement, les choses se compliquent ! Parce que oui, je  culpabilise à l’idée d’être à la maison et de faire venir quelqu’un pour le ménage et le repassage…j’ai du temps pour le faire…mais je ne fais pas venir quelqu’un, nous faisons travailler Teresa et c’est là toute la différence : elle vient tous les jeudis matin. Elle a vu grandir nos enfants, a un petit mot pour chacun quand elle arrive à 8h et qu’ils s’en vont pour l’école. Elle nous  facilite la vie en tenant notre maison propre et nos vêtements repassés… comme dit mon mari, elle est précieuse, Teresa…alors, ce n’est pas un petit accident de parcours dans ma vie professionnelle qui va tout chambouler et si bientôt, la situation revenait à la normale, nous aurions bien du mal à retrouver une 2ème Teresa !!

Mais je me suis égarée, revenons-en à mon petit garçon, plus si petit que cela d’ailleurs, qui marche une dizaine de mètres derrière moi…Je m’arrête, l’attends et lui dit : «  C’est rare que nous ne soyons que tous les deux : Maman est ravie de ce petit temps avec toi sans papa, sans tes sœurs… j’en ai de la chance d’avoir mon petit garçon rien que pour moi». Il me regarde, je le regarde, lui fais un bisou et perçois un léger sourire de fierté et sa main qui se tend pour attraper la mienne. Nous avons fini  le reste du chemin main dans la main. Vivement demain pour reprendre où nous en sommes restés.