career-advice_job-interview-tips_answering-tough-interview-questions

«  Si je comprends bien, vous souhaitez rester  et travailler chez nous ? »

« Oui, j’aimerais »

«  Et bien, en ce qui me concerne, j’ai décidé de mettre fin à votre période d’essai… ».

Voilà en une phrase, mon avenir professionnel complètement chamboulé… même si le début n’avait pas été simple car je changeais complètement d’environnement, je me sentais enfin bien à mon poste et avais crée de vrais liens pour un travail serein et de qualité. Mais le patron était le patron et lui seul avait mon avenir entre ses mains…et sa décision était irrévocable ! Si j’avais eu envie de rire, ce moment aurait pu ressembler au verdict d’une émission télévisée que nous adorons suivre mes enfants et moi : «  Virginie, les aventuriers de la tribu réunifiée ont décidé de vous éliminer et leur sentence est irrévocable…. ». Mon patron ne semblait pas très à l’aise pour justifier sa décision … mais bon, la situation était bien celle là : dans peu de temps, j’allais devoir m’inscrire à Pôle-Emploi   et je devais m’y faire. Je travaillais depuis 20 ans et à 42 ans, j’étais chômeuse… Dire qu’il y a deux mois, tout allait bien : nous avions fait une soirée avec tous nos amis, juste pour leur dire combien ils comptaient pour nous. Cela les avait tous surpris, car ils s’attendaient à être invités pour fêter quelque chose. Quand ils ont su que c’était juste pour profiter d’être avec ceux qui nous sont chers, ils ont été émus. Pourquoi  faudrait-il toujours un prétexte pour être avec ceux que nous aimons ? Durant cette soirée, beaucoup m’ont demandé comment se passait mon nouveau boulot, et à me voir resplendissante, ils avaient leur réponse. Nous avions enchaîné avec un voyage en famille aux Etats-Unis, rêve que nous avions depuis quelques années et pour lequel nous avions économisé. Encore heureux que malgré ma prise de poste récente, nous avons pu faire ce voyage car à cette heure-ci, le voyage serait repoussé à loin…La vie nous réserve bien des surprises…

Au chômage, je suis bientôt au chômage….une fois rentrée chez moi, mes sentiments sont confus…

Bizarrement, je suis à la fois angoissée et exaltée…

Angoissée car dans peu de temps, je compterai parmi les millions de chômeurs en France et serai amenée à prendre RDV avec un agent du Pôle Emploi… et là, désolée pour ceux qui y travaillent avec sérieux et implication mais je m’imagine à attendre dans un hall bondé de personnes ayant toutes un RDV, des agents peu nombreux débordés, sollicités de toute part, n’ayant que quelques minutes à vous consacrer alors que cela fait 2h que vous attendez. Moi, ancienne DRH, pieds et mains liés, ne pouvant faire fi de cette institution, j’allais devoir accepter d’être guidée dans mon parcours professionnel, prête à recevoir des conseils pour refaire mon CV, pour me préparer à mes prochains entretiens de recrutement que j’espère nombreux et percevoir des allocations chômage, bien inférieures au salaire de mon tout dernier boulot. Depuis 20 ans que je travaille, c’est la 1ère fois, que je me trouve dans cette situation ; même à la sortie de l’école,  j’étais à peine diplômée que je signais mon 1er contrat de travail. Dans peu de temps, je gagnerais beaucoup moins et je crois que c’est ce qui m’angoisse le plus, car de ce point de vue, mon nouveau statut allait impacter toute ma petite famille.

 De par mon éducation, j’ai toujours pensé «  devoir » avant «  plaisir » et donc «  travail » avant «  repos » au point que je suis toujours avec une liste de choses à faire en tête et je les enchaîne les unes après les autres. Ce n’est seulement une fois que j’ai éclusé ma liste que je m’accorde un peu de détente.  Ce n’est qu’à cette condition que je me dédouane du repos accordé. Et encore, avant, quand enfin, je me posais sur le canapé, j’avais l’impression d'avoir oublié de faire quelque chose, tellement je n’étais pas sereine de ne rien avoir à faire. Inconsciemment et de manière irrationnelle, cela me stimule d’être débordée, cela me donne une raison d’exister, une raison d’être et le sentiment d’être utile, d’apporter ma pierre à l’édifice. Mais là, que va t-il se passer ? Quelle va être ma relation au temps ? Quel va être le programme de mes journées ? Même si je subis la situation, je ne me sens pas le droit d’en profiter pour rester à la maison et de ne rien faire…enfin, je ne dis pas que chercher du travail est comme de ne rien faire mais juste que rester connectée sur Internet sur les sites emploi toute la journée n’est pas gage de trouver du travail plus rapidement. La question qui me trotte dans la tête, c’est aussi, combien de temps va durer le chômage ? Le soir, où je suis rentrée pour annoncer la nouvelle à ma famille, mes enfants m’ont accueillie avec une affection encore plus grande que les autres jours…mais ma cadette s’est rapidement effondrée : le chômage fait peur mais à une petite fille de 11 ans, c’est angoissant ! Je lui ai dit que ce n’était pas à elle de s’inquiéter pour moi et qu’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter d’ailleurs : maman travaille depuis 20 ans, elle a un diplôme d’école de commerce, présente bien et par conséquent, ne devrait pas rester chômeuse très longtemps. Etait-ce elle ou moi-même que j’essayais de convaincre à ce moment-là ? Nous étions le Mardi 6 Juin 2017.